Touché par Intouchables
Friday 18 Nov 2011 03:24
| Lu, Voir, Vu, sur la toile
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Les réactions au film se multiplient au fur et à mesure que son succès augmente:
- ici, Télérama, dont la bonne idée du "pour" et du "contre" permet toujours d'être critique et magnanime,
- là, le Monde, qui par le biais de l'interview des producteurs prend un peu de recul sur le film et se permet, avec cette distance, quelque bienveillance. Ce qui permet, selon moi, d'accéder à un argument transparent aux critiques sévères :
"Au sortir d'Intouchables, c'est finalement l'une des choses qui frappent le plus : le rythme du film […]."
- ou encore Rue89, qui construit l'image d'une France "fatiguée", raison pour laquelle elle adhère au film:
"C'est une France à l'image de Philippe, le tétraplégique du film : immobile, impuissante, vieillissante. Et accrochée au rêve improbable qu'un jour, quelqu'un ou quelque chose viendra sans brutalité la réveiller".
- enfin, Libération, qui condamne l'absence de message du film, au sens de leçon de morale, en le qualifiant de Bisounours (au passage, Bisounours semble être l'insulte ultime du "réalisme" de gauche: on se doit d'être critique, militant, indigné… sans quoi on n'a aucune conscience des réalités du monde…); ce parti pris peu interroger, voire agacer, mais il y a mieux: le professeur de philosophie en classe préparatoire (un vrai, quoi) qui écrit dans la Tribune de Libération… Le positionnement fait mouche, en tout cas: l'article de Libération fait parler de lui presqu'autant que le film lui-même…
Après un premier temps d'incrédulité, le discours autorisé des journalistes culture s'est trouvé une matrice pour expliquer ce que l'habituelle grille esthétique (et politique, puisque ce qui est juste politiquement s'énonce beau esthétiquement) avait eu bien du mal à prévoir: le film s'inscrit dans un contexte politique tellement morose qu'il est nécessaire d'y échapper, ce qu'il permet. Au mieux, on y reconnaitra la mécanique de la fable ("C'est la loi de la fable", dit Aurélien Ferenczi sur son blog Télérama) ou du conte, au pire la faiblesse d'esprit des masses populaires fatiguées, L'explication esthétique (soi-disant fondée sur les qualités intrinsèques du film) en panne, on se doit d'aller chercher du côté des causes extrinsèques; le raisonnement reste binaire, ou l'un, ou l'autre, impossible que ce puisse être un peu des deux…
Le scénario de la récupération politique n'est pas loin(ici, ou là, ou encore là) - dans un même mouvement, que celui de la récupération médiatique, le titre faisant magiquement du pic d'audience. Rien moins que le fonctionnement médiatique habituel, qui épuise l'événement jusqu'à l'écœurement.
Du coup, la lecture du blog Urbains Sensibles, dont les auteures sont installées à la Courneuve, et dont le billet consacré à Intouchables se focalise sur ce qui se passe dans la salle du cinéma l'Étoile, près de la mairie de la Courneuve, apparaît plus fraîche, dans sa simplicité directe de compte-rendu de terrain.
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Je viens de voir le second film d'Olivier Nakache et Éric Toledano, Tellement proches! qui, s'il reste une honnête comédie, n'a ni la force d'évocation du souvenir du premier (Nos jours heureux, meilleure représentation cinématographique, à ma connaissance et à mon avis, de l'univers des colonies de vacances), du fait d'une plus grande spécificité du propos, ni la retenue du second.
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Je suis allé voir Intouchables et j’ai passé un bon moment; je ne pensais pas écrire sur le film (par prévention, pour en garder intactes les sensations?), mais j’ai lu un billet très intéressant d’Olivier Beuvelet sur son blog Lucid Dreams (qui fait partie de la plateforme Culture Visuelle, initiée par André Gunthert, et dont j’ai déjà parlé ici).
Le billet m’a fait réagir, et au fur et à mesure que ma réaction s’étoffait, je me suis rendu compte qu’il y avait matière à en faire un billet plus qu’une réponse, d’autant que les très longues réponses plombent les commentaires, qui ont pour vocation d’être assez courts.
Aussi, j’ai écourté la réponse là-bas et l’ai développé ici in extenso.
Je précise que je n’ai pas (encore) lu les critiques a posteriori du film, dont le succès oblige la presse à s’en préoccuper, ne serait que parce que son succès inattendu remet en question les discours de spécialistes qui ne l’avaient pas prévu, et que j’étofferai ce billet où que j’en produirai de nouveaux au fur et à mesure que je me serais documenté sur les réactions publiques suscitée par le film.
Comme je travaille en ce moment avec les étudiants du Master Arts du spectacle et médias sur un objet similaire (les discours sources et cibles sur le film Polisse, comme terrain d’analyse du discours médiatique), je suis particulièrement sensibilisé à la question (pour être honnête, j’y ai toujours été sensible, et j’avais traité de cette question dans ma thèse).
Dernière prévention: pour ceux qui n’auraient pas vu le film, certains passages en racontent des morceaux sans pour autant le dévoiler, mais je les ai rendu pour que vous puissiez les éviter en lisant le billet.
Dans son billet, Olivier Beuvelet propose quatre pistes pour expliquer le succès du film (ou plus exactement sa prosécogénie - sa capacité à attirer l’attention, selon le terme inventé par Andre Gunthert):
- celle qu’il appelle le rire sacrilège ou paradoxal à laquelle je souscris entièrement (en gros, on rit d’autant plus qu’en le faisant on transgresse un tabou),
- celle de l’adoubement par les autochtones, qui en fait contient deux pistes: l’effet véridictoire (tiré d’une histoire vraie), et l’adoubement proprement dit, ou l’effet testimonial représenté ici par le fait que les personnes dont le film s’inspirent apparaissent à la fin du film (mais c’est déjà un effet rhétorique courant, voir la fin de Erin Brockovich seule contre tous, Tina, Ray, etc.),
- celle qu’il nomme l’effet Avatar, que je trouve très intéressante (Driss - Omar Sy - serait l’avatar de Philippe - François Cluzet), et dont je me demande si elle n’est pas une autre forme de l’ambivalence du héros, manifestée (au sens de rendue manifeste) par l’aller ego du super-héros (plutôt, d’ailleurs du côté Marvel que du côté DC Comics, selon moi), ou encore la double nature du monstre gothique (Frankenstein et son monstre, la figure du loup-garou, ou mieux, Dr Jekyll et Mister Hide);
- enfin, il ouvre la piste de la promo de la star par ses fans, qui me paraît moins judicieuse, et qui ouvre à une réflexion sur les raisons extrinsèques du succès du film (Olivier Beuvelet considérant que les raisons du succès sont à chercher ailleurs que dans le film lui-même, ce que font les journalistes spécialisés pris au piège de leurs grilles de lecture habituelles).
C’est ce dernier point que je voudrais discuter ici, car je ne pense pas qu’il faille chercher exclusivement des raisons extrinsèques au succès du film; car je pense au contraire que le film fait vraiment quelque chose au spectateur, lui procure des sensations particulières, et que c’est de cela dont il parle dans la promotion qu’il en fait par le bouche à oreille, même si ce n’est pas ce qu’il dit explicitement; d'un point de vue plus sémiologique, je pense qu'on peut attribuer au film des qualités intrinsèques, et qui, allant à contre-courant de la majorité des films qui lui sont contemporains, en font un film particulier porteur de son propre succès.
Je soutiens d'ailleurs, de manière générale, l'hypothèse que l'expérience filmique, sous estimée dans les approches sociales, historiques et culturelles, est un facteur important de compréhension du phénomène communicationnel dans son ensemble; pour le dire en sémioticien, c'est une textualisation modificatrice de valeurs, et donc, en boucle, de discours. Le bouche à oreille positif, contre toute attente, se fonde sur une expérience intime (affective, esthétique) que seule la fréquentation du film procure; c'est le souvenir de cette expérience qui est ensuite rejouée dans la sphère communicationnelle et médiatique qu'est l'espace public.
Un premier point, qui me semble important dans l'adhésion massive au film, c'est qu'il n'accuse, n'invective, ne dénigre, ne fustige personne. Ce n'est pas un film contre. C'est tout juste si les personnages tertiaires (après les personnages secondaires) sont un peu caricaturaux, mais comme fond plus que comme figure. La bourgeoisie est un peu égratignée, mais les personnages secondaires, Yvonne (Anne Le Ny), Magalie (Audrey Fleurot), sortent du cliché pour révéler une humanité non manichéenne; on n’est pas dans l’exposition d’une faille toute scénaristique - Yvonne n’est pas la mère d’un enfant illégitime, ou une alcoolique notoire; Magalie, (on pourrait alors voir poindre le cliché), , ce qui lui permet un certain humour avec Driss. La cité est aussi représentée sans caricature, bien que sans finesse non plus: les ingrédients y sont .Comme la bourgeoisie, elle n'est qu'un fond sémantique sur lequel peuvent se détacher les figures principales de Philippe et Driss.
Le duo fonctionne en lui-même, et non contre son entourage, sur le principe de l’empathie, et non sur celui de l’antipathie. Ça permet à des vannes qui pourraient être lourdes (« pas de bras, pas de chocolat » - je ne dévoile rien, c'est dans le teaser) de devenir des moments de construction relationnelle entre les personnages - un autre seuil d'intimité passé entre eux.
Ça permet la franchise du rire et la liberté émotionnelle côté spectateur, d’autant plus nécessaire en ces temps d’invectives et de dénigrements médiatiques incessants (dans le monde politique, mais aussi dans l’espace public truffé d’injonctions discursives diverses - raciale, genrée, écologique, en termes de santé). Enfin un film qui nous permet de rire sans arrière-pensée, pourrait-on dire, un discours moins contraint et moins injonctif que le discours informatif (manie des journaux d'ajouter à leur discours oral continu les bandeaux écrits parfois redondants)n ou publicitaire (truffé d'injonctions paradoxales: manger/bouger, ou ne pas manger trop sucré pour toutes les publicités de sucreries). Le film permet une appréhension au premier degré assez bienvenue. Mais s’il le permet, c’est que son discours est construit en ce sens.
Un second point me paraît tout aussi important, à verser au crédit du film: son rythme. Il y a quelques moments « durs » que le film négocie sans jamais s’apesantir. Il ne va pas « chercher les larmes », de même que les scènes libératoires ne sont pas étendues (le fauteuil boosté qui double les segways, par exemple). Si une émotion se dégage du film, c’est par touches successives, et non par couches outrancières. La confession de Driss n’est pas suivi d’effusion, elle existe, c’est tout. S’il y a des scènes cathartiques (« t'imprimes, t'imprimes, t'imprimes », dans l'autre teaser présenté sur AlloCiné) 1, elles sont rares, et n’ont de suite narrative que pour en assurer le bouclage par redoublement: la porte qu’elles ouvrent est toujours refermée, bouclant le film sur lui-même .
Le rythme s’associe ainsi à une volonté d’équilibre: les deux scènes autour du tableau d’art contemporain et du tableau de Driss fonctionnent ensemble, en contrepoint l’une de l’autre: Philippe est amateur d’art, mais pas dupe. Au final, la seule scène qui dure un peu est celle de la danse de Driss sur Earth Wind & Fire, qui m’a finalement semblé être la plus convenue, mais elle est aussi contrebalancée dans la séquence par la scène qui la suit et donne au moment sa valeur de partage: chacun apporte à l’autre ce qu’il considère comme bon dans son univers.
Le troisième point important pour comprendre ce que le film procure au spectateur, c’est celui de la liberté des personnages, et tout de même le propos central du film: l’un comme l’autre ont ce détachement qui leur permet de se moquer de tout en toute circonstance, et mutuellement. C’est en cela qu’ils sont intouchables. Et en tant que spectateur, nous profitons de cette liberté, qui décomplexe leurs échanges et leurs comportements, autant que nos expressions d'affect. Mais cette liberté n’est possible que si elle ne sert pas une cause, si elle n’est pas récupérée idéologiquement, nous donnant en tant que spectateur l’impression d’avoir été piégés. En fait, cette liberté est gratuite, et c'est ce caractère qui la rend si agréable, si porteuse.
C’est là, à mon sens, que le film procure un plaisir éminemment libérateur. Bien qu’il tienne un discours, bien qu’on puisse dire qu’il porte un message (humaniste, pour aller vite), ce n’est pas un film à thèse: les personnages ne vivent que leur vie, qui est unique sans être exemplaire, c’est-à-dire modélisatrice (et de ce fait, d’une manière ou d’une autre, contraignante): à ce titre, la séquence où Philippe se retrouve avec un autre assistant est nécessaire, car elle montre que ce n’est pas (pas seulement, en tout cas) de soins dont il a besoin; ce que lui apporte Driss, essentiellement, c’est un regard non compassionnel, une relation humaine non hiérarchique, de pair à pair. En ce sens, le film raconte l’histoire d’une amitié, et rien d’autre. Chaque spectateur peut en vivre les bons moments et les garder en souvenir pour eux-mêmes, et pour lui-même, sans avoir à s’en défendre, ni à les défendre, çar le film ne revendique rien - et ce faisant, comme je le disais au début, n’attaque rien non plus, en prévention, dans une construction antithétique.
J’irais jusqu’à dire que les personnages, ainsi construits, n’ont
- ni une dimension stéréotypique (du fait de leur balancement, riche et cultivé mais handicapé, handicapé mais non aigri, noir et pauvre mais en pleine santé, de bonne composition mais pas naïf, hâbleur, voleur mais non malhonnête),
- ni une dimension prototypique qui ferait deux les personnages d’une série: leur histoire est unique, et en ce sens non reproductible - je pense que c’est aussi une des raisons de la justification par l’existence d’une histoire vraie (cependant, il y a peu de doute que l’industrie ne tente d’en faire un prototype - ce qui a mon sens est voué à l’échec),
- mais une dimension archétypale qui laisse un accès ouvert à l’investissement spectatoriel, symbolique et psychologique,
- et une dimension exemplaire, unique, faite, on peut supposer, des finesses de détail d’une histoire vraie (on sait, aux précédents films d'Olivier Nakache et Éric Toledano - cf. l'interview ci-dessous, qu’ils écrivent avec prédilection à partir d’un matériau vécu - la différence, ici, à l’instar du Polisse de Maiwenn, c’est que le vécu dont ils s’inspirent n’est plus le leur).
Pour finir, je dirais que ce qui porte le film et contribue sans doute à son succès, c’est sa légèreté: le sujet pouvait être lourd (handicap physique et handicap social sont sur un bateau…), mais il est abordé sans pesanteur rythmique, ni esthétique (le pathos peut aussi passer par une photo appuyée, esthétisante, Seigneur David Hamilton, priez pour nous - ce n'est pas le cas ici), ni idéologique: c'est une comédie, après tout, et ça ne prétend pas être autre chose; l'écriture (des scènes qui se répondent) tend à en faire un film clos sur lui-même, clôture est au service de son propos, et contrebalancée in fine par la présence des deux personnes dont la vie a donné matière au film. C’est sur eux finalement qu’ouvre le film lui donnant le statut enviable de leçon de vie (il y a donc bien un message), sans avoir celui de leçon de morale.
Est-ce la raison du succès?
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1.À ce propos, je voudrais faire une parenthèse sur le fait que la plupart des moments forts du film (pas tous, il ménage quand même quelques effets) se retrouvent dans la bande-annonce, ou plus exactement dans les teasers qui l'ont précédé, l'une et les autres devant apporter leurs quotas de sensations pour attirer le spectateur, ce qui me paraît une tendance à interroger; il semblerait que la bande-annonce vise de plus en plus à créer un effet de reconnaissance pendant le film dont elle constituerait une sorte de balisage… C’est en tout cas à creuser.⬆
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The worst "one more thing" ever
Thursday 06 Oct 2011 08:50
| sur la toile, dans la vraie vie
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Steve Jobs s'est éteint hier, à l'âge de 56 ans, juste 10 ans après avoir lancé l'iPod, et juste le lendemain de la première keynote qu'il ne présidait pas lui-même, ayant laissé la direction d'Apple à Tim Cook, son fidèle second depuis son retour à la tête d'Apple. L'homme sans qui l'iMac, l'iPod, l'iPhone et l'iPad n'existeraient pas est définitivement parti vers d'autres cieux, certainement dans son iCloud.
Pour ceux qui, comme moi, utilisent un mac et les produits Apple depuis plus de vingt ans, c'est une grande perte, même si, après la récidive de son cancer du pancréas, ses six mois de congés maladie et l'abandon de la direction d'Apple, on pouvait s'y attendre. Ce matin, les sites web Mac sont en berne, et même les plus féroces détracteurs de la politique récente d'Apple rendent hommage à celui dont les objets nous ont accompagnés des années durant… Un changement d'époque, et peut-être, un désenchantement de l'informatique (le wow factor qu'Apple apportait à - presque - chaque nouveau produit, et que les autres compagnies ont tant de mal à créer, même en se donnant du mal , qui, sans le mac, serait un bien triste regroupement de technologies sans âme, et, surtout, sans le moindre fun.

Un article intéressant sur Steve Jobs sur le site du Point.
keynote: Steve Jobs utilisait un logiciel maison pour présenter les nouveaux produits Apple, avec des effets souvent remarqués; lorsqu'Apple a décidé de le commercialiser, son nom était comme une évidence: Keynote est donc le logiciel de présentation assistée par ordinateur d'Apple
iCloud: c'est le nom du prochain service d'Apple, annoncé au grand public dans la keynote de mardi, et mis en service le 12 octobre, un service de sauvegarde dans le nuage, à la sauce Apple (voir ici)
Pour ceux qui, comme moi, utilisent un mac et les produits Apple depuis plus de vingt ans, c'est une grande perte, même si, après la récidive de son cancer du pancréas, ses six mois de congés maladie et l'abandon de la direction d'Apple, on pouvait s'y attendre. Ce matin, les sites web Mac sont en berne, et même les plus féroces détracteurs de la politique récente d'Apple rendent hommage à celui dont les objets nous ont accompagnés des années durant… Un changement d'époque, et peut-être, un désenchantement de l'informatique (le wow factor qu'Apple apportait à - presque - chaque nouveau produit, et que les autres compagnies ont tant de mal à créer, même en se donnant du mal , qui, sans le mac, serait un bien triste regroupement de technologies sans âme, et, surtout, sans le moindre fun.

Un article intéressant sur Steve Jobs sur le site du Point.
keynote: Steve Jobs utilisait un logiciel maison pour présenter les nouveaux produits Apple, avec des effets souvent remarqués; lorsqu'Apple a décidé de le commercialiser, son nom était comme une évidence: Keynote est donc le logiciel de présentation assistée par ordinateur d'Apple
iCloud: c'est le nom du prochain service d'Apple, annoncé au grand public dans la keynote de mardi, et mis en service le 12 octobre, un service de sauvegarde dans le nuage, à la sauce Apple (voir ici)
Art&Com, site provisoire
Ce billet s'adresse plus particulièrement aux étudiants de Licence 1 du département Art&Com (Arts de la scène, Communication, Études Visuelles).
En attendant que le site de la formation soit mis en place (privilèges de la création d'un département: on est en retard sur tout!), vous trouverez, au fur et à mesure de leur évolution, les informations sur ce site à la rubrique… Art&Com! (menu à droite) ouverte pour l'occasion.
Il s'agit d'un site provisoire, qui vous permettra d'accéder à des informations diverses sur la formation au fur et à mesure de son avancement.
Un blog dédié est créé sur ce site, qui du fait de son statut provisoire restera assez basique…
Si vous avez des questions, n'hésitez pas à utiliser sur le site Art&Com la rubrique Contact pour les poser, en remplissant les différentes rubriques…
à très bientôt!
Patrick Mpondo-Dicka
En attendant que le site de la formation soit mis en place (privilèges de la création d'un département: on est en retard sur tout!), vous trouverez, au fur et à mesure de leur évolution, les informations sur ce site à la rubrique… Art&Com! (menu à droite) ouverte pour l'occasion.
Il s'agit d'un site provisoire, qui vous permettra d'accéder à des informations diverses sur la formation au fur et à mesure de son avancement.
Un blog dédié est créé sur ce site, qui du fait de son statut provisoire restera assez basique…
Si vous avez des questions, n'hésitez pas à utiliser sur le site Art&Com la rubrique Contact pour les poser, en remplissant les différentes rubriques…
à très bientôt!
Patrick Mpondo-Dicka
À propos de logiciels libres
Friday 23 Sep 2011 05:26
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Je viens de discuter à deux reprises avec mes étudiants de la possibilité d'utiliser des logiciels libres en lieu et place des sempiternels logiciels payants (ou piratés) pour rendre leur travaux: traitement de texte, dessin vectoriel, PAO, on trouve des équivalents libres et multiplateformes aux logiciels biens connus (ce qui ne veut pas dire qu'ils ne faut pas les utiliser… si vous les avez déjà achetés, pourquoi ne pas vous en servir):
Et voilà que l'information d'une rencontre associative apparaît dans mes pérégrinations numériques! Ça tombe à pic! Voilà pourquoi je la partage:
L'association Toulibre organise une rencontre autour des Logiciels Libres le mercredi 19 octobre, de 19h à 23h au Centre Culturel Bellegarde, 17 rue Bellegarde à Toulouse.
Plus de renseignement concernant cette recontre: cliquez ici
Pour une présentation accessible des divers logiciels libres par catégories, voir là.
- OpenOffice, devenu LibreOffice (suite "office", c'est-à-dire traitement de texte, tableur, et logiciel de présentation, ainsi que gestionnaire de base de données), ou encore le fork d'OpenOffice dédié au Mac, NeoOffice;
- Scribus, logiciel de P.A.O (pour publication assistée par ordinateur);
- Inskscape, logiciel de dessin vectoriel (permet de dessiner des formes complexes à partir de lignes droites et courbes et de polygones divers, et de gérer en même temps des blocs de texte)…
Et voilà que l'information d'une rencontre associative apparaît dans mes pérégrinations numériques! Ça tombe à pic! Voilà pourquoi je la partage:
L'association Toulibre organise une rencontre autour des Logiciels Libres le mercredi 19 octobre, de 19h à 23h au Centre Culturel Bellegarde, 17 rue Bellegarde à Toulouse.
Plus de renseignement concernant cette recontre: cliquez ici
Pour une présentation accessible des divers logiciels libres par catégories, voir là.
Our Ground Zero
Sunday 11 Sep 2011 07:31
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Mon hommage au 11 septembre
Il y a encore quatre ans, avant que le bâtiment de l'université en ode à la culture ne sorte enfin de terre, il y avait, à l'entrée de fac, deux grands trous pathétiques et indigents. L'analogie visuelle était évidente. Deux grands trous attendant d'être comblés, devant les barrières desquels restaient hébétés quelque quidam au regard vague.
Aujourd'hui, il n'en reste qu'un, nous sommes allé moins vite que les travaux du Mémorial américain, et je me suis empressé de le photographier avant qu'il ne disparaisse lui aussi, et totalement, des mémoires.
Quant aux commémorations télévisuelles, je les fuis (la télévision cérémonielle, très peu pour moi). Mais, à la faveur d'une pause déjeûner télévisée entre deux efforts rédactionnels (chacun ses vices), je suis tombé sur la commémoration façon Arte: un documentaire sur chaque district new-yorkais (Queens, Brooklyn, Harlem…), à hauteur d'hommes, de vie de quartier, de garage immense à ciel ouvert, d'habitat dans des vieux cargos, d'extension gratuite du MoMA, de taxis maritimes, de vigneron local (dans Brooklyn!), de bars à musique klezmer et autres maisons originales de la première communauté noire libre des États-unis. Un hymne à la vie qui continue, en fait, où le 11 Septembre n'était évoqué qu'en pointillé, au détour d'une réflexion des interviewés, judicieux choix de montage.
Pour un temps, je me suis réconcilié avec la télé, et je me suis dit que c'était décidé, j'irais voir sur place…
Pour être honnête, ma pause a duré un peu plus que prévu.
PS: magie de la tv-replay, on peut revoir tout ça on line : l'émission s'appelait New-York Confidential
- Pat, de mon iPhone
Mort de Michael S. Hart, le père de l'eBook et du Projet Gutenberg
Thursday 08 Sep 2011 06:22
| sur la toile, dans la vraie vie
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Pour ceux qui s'intéressent aux technologies numériques libres, voici une triste nouvelle: Michael Stern Hart, l'inventeur de l'ebook et le père du Projet Gutenberg est décédé il y a deux jours, à l'âge de 64 ans.
Le livre électronique, communément appelé eBook (e pour electronic), est le champ de bataille actuel de l'industrie du livre, qui ne sait comment maintenir son modèle économique basé sur un écosystème de production et de distribution (pour se faire une idée des enjeux et des propositions, voir la table ronde Quel avenir pour la filière du livre à l'heure du numérique ? organisé au Sénat en avril 2010, et explorer le site Le Tiers Livre et ses diverses contributions, autres sources), mais avant cela, est la possibilité technique de reproduction et distribution électronique des ouvrages. Du développement de cette invention est né le Projet Gutenberg, cette idée folle de constituer une base de données plurilingues des ouvrages tombés dans le domaine public (on peut retrouver une histoire du projet). Rien moins que le mythe de la bibliothèque d'Alexandrie, version électronique!
C'est peu de dire que c'est quelqu'un d'important dans le monde de la diffusion numérique et libre des connaissances qui nous a quitté.
D'autres en parlent mieux que moi ici, mais je tenais quand même à le signaler, au cas où vous passeriez par ici sans le savoir…
Le livre électronique, communément appelé eBook (e pour electronic), est le champ de bataille actuel de l'industrie du livre, qui ne sait comment maintenir son modèle économique basé sur un écosystème de production et de distribution (pour se faire une idée des enjeux et des propositions, voir la table ronde Quel avenir pour la filière du livre à l'heure du numérique ? organisé au Sénat en avril 2010, et explorer le site Le Tiers Livre et ses diverses contributions, autres sources), mais avant cela, est la possibilité technique de reproduction et distribution électronique des ouvrages. Du développement de cette invention est né le Projet Gutenberg, cette idée folle de constituer une base de données plurilingues des ouvrages tombés dans le domaine public (on peut retrouver une histoire du projet). Rien moins que le mythe de la bibliothèque d'Alexandrie, version électronique!
C'est peu de dire que c'est quelqu'un d'important dans le monde de la diffusion numérique et libre des connaissances qui nous a quitté.
D'autres en parlent mieux que moi ici, mais je tenais quand même à le signaler, au cas où vous passeriez par ici sans le savoir…
Ludovia 2011
Cette année encore, j'étais à Ludovia

Ludovia, c'est l'université d'été qui s'intitule maintenant e-education - applications multimédia ludiques & pédagogiques. Ludovia est le lieu régulier d'actualisation de mes connaissances et de mes interrogations, mais aussi de confrontation à d'autres recherches, points de vue et activités sur le numérique.
À l'intérieur de l'université d'été (des tables rondes, des bar camps - sorte de discussions thématiques menée par un animateur en groupes de travail (camp) et conviviale (bar), des réunions institutionnelles des responsables TICE académiques, départementaux, régionaux), se déroule le colloque scientifique, auquel je participe et que je co-préside.
Cette année, l'université d'été et le colloque scientifique ont un thème très proche (ça n'a pas toujours été le cas): mobilité et ouverture, pour l'une, mobilités numériques, pour l'autre.
Mobilité. Essai de caractérisation en contexte numérique
C'est le titre de ma communication, que j'ai présentée lors de la première session, après que Thierry Gobert ait présenté la sienne. J'ai essayé de caractériser les différents usages de la mobilité à partir d'un jeu d'oppositions complémentaires :
cours d'action statique vs dynamique (selon que l'agent est mobile ou non):
dans le premier cas, la mobilité renvoie plutôt à une portabilité des techno-objets (déplacer son espace de travail, avec son ordinateur portable, ou son interface d'accès à des bases de données, pour la tablette en utilisation professionnelle);
dans le second cas, la mobilité est un déplacement, le techno-objet mobile intervient pour faciliter le déplacement, et la connexion apparaît comme essentielle (à moins que l'objet dispose en stock de la base de données); c'est le cas typique des applications usant de géo-localisation.(Plan, par exemple, sur iOS);
présentiel vs distanciel, à envisager comme un gradient, avec
certaines applications qui visent à augmenter la présence (réalité augmentée),
d’autres à réduire la distance (téléphonie, vidéo-surveillance),
d’autre enfin à présentifier le distal (applications connectées).
Ces applications remplissent, dans le cours d'action, des fonctions que l'on peut, dans une première approximation, classer selon les catégories mises au jour par J-M. Floch, dans son célèbre carré sémiotique, et montrer qu'elles renvoient à des types interprétatifs particuliers (pour les types interprétatifs, ce serait trop long à expliquer ici, je vous renvoie à mon article Le rythme : propositions pour une intégration sémiotique, publié dans Rythme, sens et textualité, mais pas encore en ligne:
fonction pratique (applications telles que Plans, Horloge, Calendrier - celles qui existaient déjà sur le Palm, utilitaire s’il en était), correspondant généralement à la signalisation,
fonction critique (globalement, les outils de productivité1 : Notes, Safari, ToDo list, etc.), caractéristiques de la localisation,
fonction mythique (la poly-utilité, l'ubiquité, la sécurité2……,
fonction ludo-esthétique (au principe de nombreux gameplay, utilisant le gyroscope et l'accéléromètre de l'iPhone - Cut The Rope, Labyrinth).
Les quelques exemples donnés sont à titre illustratif, et on attend d'utiliser les catégories de manière plus approfondie.
Une présentation incroyable
Nous avons chaque année des présentations de chercheurs confirmés, intelligentes, profondes; mais cette année, nous avons eu le privilège d'assister à une présentation étonnante, que la vidéo ci-dessous ne rendra que très partiellement; il s'agit de la présentation de Nayra Vacaflor, une jeune docteur de Bordeaux 3 dont l'intervention reprenait en partie l'article écrit avec Mahdi Amri (lui aussi présent à Ludovia) dans Les enjeux de la communication. Mais la manière était là, bluffante:
En savoir plus
Vous pouvez retrouver le programme complet de Ludovia 2011, et retrouver les divers reportages, vidéos, photos qui ont suivi la manifestation au quotidien
Relire ici l'appel à communications, ou le télécharger là
Retrouver les résumés des communications.
En attendant la diffusion des actes, ou sous la forme de publication (les deux sont en chantier).
Les chercheurs du colloque se retrouvent sur la liste de diffusion Culture Numérique, un réseau de recherche qui a son site.
productivité, ce sont les classements marketing qui le disent…
2. Par exemple, la fonction de réassurance du téléphone portable repérée par C. Martin dans son ouvrage Le téléphone portable et nous, L'Harmattan, 2007.↑
Spectacle ou fiction, suite…
Sunday 04 Sep 2011 07:52
| SemioVision
| Permalien
L'échange s'étant poursuivi sur le site d'André Gunthert, plutôt que de le reproduire ici, en décalé et de manière tronquée, je vous renvoie à son lieu initial (l'hyperlien plutôt que la redondance…):
Aliénante fiction (retour sur entretien)
Aliénante fiction (retour sur entretien)
Spectacle ou fiction?
Thursday 18 Aug 2011 11:52
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Je suis depuis peu le blog d'André Gunthert, ou plus exactement le portail Culture Visuelle, qui s'intéresse aux questions médiatiques et visuelles, et dont André Gunthert est le principal promoteur (à noter aussi, plus intéressant que le blog pour ce qui concerne la culture visuelle, son carnet de recherche, L'Atelier des icônes). Son dernier billet, intitulé Aliénante fiction (retour sur entretien) m'a fait réagir, et il me semble que la réaction mérite d'être elle-même discutée, d'où l'idée de la reprendre ici (je ne reprends pas l'intégralité du billet d'André Gunthert et des réponses qui ont précédé la mienne ici, mais bien évidemment il serait préférable de le lire avant). 1
Je ne crois pas […] que le numérique fasse changer la problématique des effets spéciaux fondamentalement, en tout cas sur des effets aussi massifs que ceux de La planète des singes: origines. Au passage, La planète des singes me semble une anti-thèse de votre position sur les blockbusters (André Gunthert, à partir du visionnage de Transformers 3, développe l'idée que les blockbusters actuels relèvent plus de la spectacularisation - appel aux sensations, que de la narrativisation - construction d'un récit), qui me semble reposer sur une absence de définition du blockbuster: La planète des singes est-il un blockbuster, et auquel cas, son scénario tient-il de “l’adieu à la fiction”? Je ne le crois pas. Je pense, en plus, qu’on observe une tendance à l’historicisation des fictions, qui proposent un univers de plus en plus temporalisé avec les sequels et les préquels développés massivement (dont procède “Rise of the planet of the Apes”, dont le titre français accuse encore plus cette dimension en utilisant le devenu générique: “origins”).
D’autre part, plusieurs “blockbusters” (entre guillemet, en l’absence d’une clarification) sont des reprises qui favorisent la lecture auteuriste d’une franchise (les Batman de Christopher Nolan, la reprise de la franchise Spiderman, qui vise à mon sens, du moins au vu des bandes-annonces, à renouveler l’approche “adolescente” de la précédente trilogie – sans doute avec aussi l’objectif commercial de raccrocher la génération des premiers spectateurs avec une version plus “adulte” (comprendre: plus sombre).
Pour revenir à la question des effets spéciaux, ils ne sont pas non plus à prendre comme un ensemble homogène et unifié. On sait qu’ils existent – voire qu’ils font partie de l’appréciation – dans certains genres (fantastique, SF, Fantasy et anticipation) où leur présence ne fait pas problème (de ce point de vue, je mettrais la planète des singes dans le même sac qu’Avatar): le spectateur même moyen se doute – et la communication autour du film ne cesse de l’indiquer – que les singes ont été produits numériquement, peu importe à partir de quelle technique, le motion capture ayant la côte. Leur valeur consistant dans le fait qu’on les oublie au fur et à mesure que le film se déroule – et qu’ainsi on puisse les qualifier de “réaliste”, sans doute avec abus de langage, le terme “vraisemblable” étant, à mon avis, plus juste.
Mais même au sein de ces productions attendues, la question du remplacement numérique de l’acteur reste celle qui inquiète: pourra-t-on un jour faire jouer un acteur mort? Créer un acteur complètement “virtuel” (entendons par là, entièrement en images et sons de synthèse) mais réaliste – qu’on pourrait prendre pour un vrai acteur?
La question est au fond, toujours la même: peut-on créer une illusion parfaite de la réalité?
La réponse est, me semble-t-il, toujours hors-champ, c’est-à-dire en dehors du lieu où la question est posée.
En effet, si les univers audiovisuels fictionnels la posent, c’est toujours in fine comme question esthétique, reposant sur l’acceptation initiale du principe de fictionnalité. Là où ça se complique, c’est lorsque la prétention réaliste vise à faire croire vraie, authentique, une illusion fictionnelle, c’est-à-dire quand l’illusion technique n’est plus qu’un moyen parmi d’autres pour faire adhérer à un discours sur la réalité, servant d’autres objectifs (politiques, commerciaux, etc.). Les différentes images (et refus d’images) de Ben Laden le montrent, les vraies/fausses interviews fustigées par le milieu de la presse aussi, certaines campagnes publicitaires insistant sur l’excès de trucages (DOVE) d’une autre manière: ce qui se joue, c’est la croyance en la vérité de l’image, et la fiction ne fait que l’interroger aimablement (même si certaines fictions poussent plus loin cette interrogation, en font leur moteur narratif, comme Inception, Matrix, Existenz, etc.), ce avec quoi tout spectateur de fiction est d’accord, par convention.
1 De même, j'ai fait quelques aménagements dans ma réaction: 1) j'ai groupé les deux réactions successives que j'ai écrites, 2) j'ai mis entre […] les références au billet original ou aux commentaires qui précède le mien, 3) j'ai mis en avant les titres des films (en ai ajouté un ou deux), et donné des liens vers leurs pages Allociné ou Internet Movie Database, voire vers leur bande-annonce. Bref, j'ai fait d'un commentaire un billet…
Je ne crois pas […] que le numérique fasse changer la problématique des effets spéciaux fondamentalement, en tout cas sur des effets aussi massifs que ceux de La planète des singes: origines. Au passage, La planète des singes me semble une anti-thèse de votre position sur les blockbusters (André Gunthert, à partir du visionnage de Transformers 3, développe l'idée que les blockbusters actuels relèvent plus de la spectacularisation - appel aux sensations, que de la narrativisation - construction d'un récit), qui me semble reposer sur une absence de définition du blockbuster: La planète des singes est-il un blockbuster, et auquel cas, son scénario tient-il de “l’adieu à la fiction”? Je ne le crois pas. Je pense, en plus, qu’on observe une tendance à l’historicisation des fictions, qui proposent un univers de plus en plus temporalisé avec les sequels et les préquels développés massivement (dont procède “Rise of the planet of the Apes”, dont le titre français accuse encore plus cette dimension en utilisant le devenu générique: “origins”).
D’autre part, plusieurs “blockbusters” (entre guillemet, en l’absence d’une clarification) sont des reprises qui favorisent la lecture auteuriste d’une franchise (les Batman de Christopher Nolan, la reprise de la franchise Spiderman, qui vise à mon sens, du moins au vu des bandes-annonces, à renouveler l’approche “adolescente” de la précédente trilogie – sans doute avec aussi l’objectif commercial de raccrocher la génération des premiers spectateurs avec une version plus “adulte” (comprendre: plus sombre).
Pour revenir à la question des effets spéciaux, ils ne sont pas non plus à prendre comme un ensemble homogène et unifié. On sait qu’ils existent – voire qu’ils font partie de l’appréciation – dans certains genres (fantastique, SF, Fantasy et anticipation) où leur présence ne fait pas problème (de ce point de vue, je mettrais la planète des singes dans le même sac qu’Avatar): le spectateur même moyen se doute – et la communication autour du film ne cesse de l’indiquer – que les singes ont été produits numériquement, peu importe à partir de quelle technique, le motion capture ayant la côte. Leur valeur consistant dans le fait qu’on les oublie au fur et à mesure que le film se déroule – et qu’ainsi on puisse les qualifier de “réaliste”, sans doute avec abus de langage, le terme “vraisemblable” étant, à mon avis, plus juste.
Mais même au sein de ces productions attendues, la question du remplacement numérique de l’acteur reste celle qui inquiète: pourra-t-on un jour faire jouer un acteur mort? Créer un acteur complètement “virtuel” (entendons par là, entièrement en images et sons de synthèse) mais réaliste – qu’on pourrait prendre pour un vrai acteur?
La question est au fond, toujours la même: peut-on créer une illusion parfaite de la réalité?
La réponse est, me semble-t-il, toujours hors-champ, c’est-à-dire en dehors du lieu où la question est posée.
En effet, si les univers audiovisuels fictionnels la posent, c’est toujours in fine comme question esthétique, reposant sur l’acceptation initiale du principe de fictionnalité. Là où ça se complique, c’est lorsque la prétention réaliste vise à faire croire vraie, authentique, une illusion fictionnelle, c’est-à-dire quand l’illusion technique n’est plus qu’un moyen parmi d’autres pour faire adhérer à un discours sur la réalité, servant d’autres objectifs (politiques, commerciaux, etc.). Les différentes images (et refus d’images) de Ben Laden le montrent, les vraies/fausses interviews fustigées par le milieu de la presse aussi, certaines campagnes publicitaires insistant sur l’excès de trucages (DOVE) d’une autre manière: ce qui se joue, c’est la croyance en la vérité de l’image, et la fiction ne fait que l’interroger aimablement (même si certaines fictions poussent plus loin cette interrogation, en font leur moteur narratif, comme Inception, Matrix, Existenz, etc.), ce avec quoi tout spectateur de fiction est d’accord, par convention.
1 De même, j'ai fait quelques aménagements dans ma réaction: 1) j'ai groupé les deux réactions successives que j'ai écrites, 2) j'ai mis entre […] les références au billet original ou aux commentaires qui précède le mien, 3) j'ai mis en avant les titres des films (en ai ajouté un ou deux), et donné des liens vers leurs pages Allociné ou Internet Movie Database, voire vers leur bande-annonce. Bref, j'ai fait d'un commentaire un billet…
Je viens de voir Incendies
Tuesday 07 Jun 2011 12:23
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